LES VOIES DE DEVELOPPEMENT
I/ EST-IL NECESSAIRE DE SUIVRE UN MODELE DE DEVELOPPEMENT?
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- La plupart des pays du 1/3 Monde ont accédé à l’indépendance dans les années 50 / 60. Confrontés alors à l’impasse du sous développement, à la croissance démographique et aux choix prioritaires dans le domaine économique, les nouveaux dirigeants, pressés par les échéances, n’ont pas toujours eu le temps d’innover. Ils ont pris comme modèle de développement les pays industrialisés.
- Ce choix a pu être soit spontané, soit influencé par les économistes tiers mondistes. Dans les années 50, la Commission d’étude pour l’Amérique latine ( le CEPAL ) dénonce les inégalités des rapports Nord-Sud; dans les années 60, les travaux des économistes F. PERROUX et G. DESTANNE de BERNIS insistent sur la rupture avec le schéma " Centre-Périphérie ". De telles idées ont influencé nombre de pays comme l’Algérie, l’Inde ou la Chine. D’autres, au contraire ont joué la carte libérale en Afrique Noire, en Asie su Sud Est.
- Depuis quelques années, face à la crise mondiale, à la multiplication des problèmes économiques et sociaux, les pays ont compris qu’ils faisaient erreur et qu’il convenait d’innover en matière économique, de forger leur propre voie de développement sans s’inspirer d’un quelconque modèle pris parmi les pays développés.
II/ MODELES ET VOIE DE DEVELOPPEMENT SONT-ILS SYNONYMES ?
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- Lors de la décolonisation, les pays du 1/3 monde n’ont pas saisi la spécificité de leur situation. Ils ont pris alors comme référence le modèle de croissance européen. Sur ce thème, les idées développées par W.W ROSTOW ont joué un rôle important: l’économiste montre que l’Europe s’est développée en cinq étapes et que l’industrie a eu un rôle décisif.
- On oublie cependant que l’Europe disposait d’atouts dont les pays du 1/3 monde sont dépourvus. Dés le 18° siècle, le vieux continent a fait sa révolution agricole et est entré dans la transition démographique caractérisée par une baisse de la natalité. Les pays industrialisés bénéficient alors d’un acquis en capital et en technologie. Enfin l’Europe domine le monde. Or les pays en développement sont dépourvus aujourd’hui de ces atouts.
- Le premier pays à rompre avec le modèle européen et à prendre conscience de sa spécificité est la Chine qui élabore dès les années 50 un processus original de développement : la " Voie Chinoise ". L’Inde aussi préconise une " Voie moyenne " à mi-chemin du modèle socialiste et de l’économie libérale.
- De plus en plus nombreux sont les pays du 1/3 monde à essayer d’innover. Il s’organisent au sein des instances internationales et créent des marchés communs régionaux : l’exemple le plus réussi est celui de l’ASEAN qui regroupe depuis 1967 certains Etats de l’Asie du Sud -Est.
III/ COMMENT ETABLIR UNE TYPOLOGIE DES VOIES DE DEVELOPPEMENT ?
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- Le Tiers monde regroupe aujourd’hui près de 130 Etats, chacun présentant des caractères originaux si l’on considère le milieu physique et humain. Toutefois, on peut schématiquement regrouper les Etats selon trois voies possibles de développement.
- La voie dite socialiste est caractérisée par la remise en cause des rapports traditionnels Nord-Sud. Ces pays veulent compter sur leurs propres forces : c’est le self reliance. L’Etat joue un rôle essentiel : le secteur nationalisé est puissant, le réseau bancaire et le commerce extérieur sont encadrés. L’industrie lourde est souvent considérée comme le secteur prioritaire, permettant d’accéder au décollage économique. Par contre, l’agriculture est caractérisée par une importante réforme agraire menant à la collectivisation. L’Algérie, la Tanzanie et les pays du camp socialiste, tels Cuba, le Vietnam, la Chine, ont suivi cette voie.
- Certains pays ont au contraire joué la carte de la division internationale du travail et s’insèrent dans le cadre des échanges internationaux. L’Etat laisse alors une large initiative au financement privé qu’il soit local ou lié aux firmes multinationales. Il se réserve les secteurs clés - industries de base et énergétiques - les investissements privés se portant sur les biens de consommation. Le décollage de l’économie repose ici sur les recettes dégagées à l’exportation de produits primaires, miniers ou agricoles. Nombre de pays d’Amérique latine, d’Afrique noire et de l’Asie des moussons ont suivi cette voie.
- Peu de pays ont cherché à mettre en place une voie intermédiaire entre les deux voies précédentes. Citons l’Inde avec son développement équilibré entre agriculture et industrie, entre capitaux publics et privés. Mais avec la crise actuelle et l ’endettement croissant des pays du Tiers monde, toutes les voies mises en œuvre révèlent leurs insuffisances. De nouvelles politiques économiques peuvent-elles être déployées ?
I/ COMMENT DEFINIR LE DEVELOPPEMENT ?
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- Au lendemain de la décolonisation, les pays du Tiers monde présentent des traits communs qui sont autant de problèmes à résoudre. Ils sont confrontés à l’explosion démographique : en 1950, ces pays rassemblent 1,6 milliard d’habitants. Aujourd’hui, on approche les 4 milliards de personnes. Cela entraîne un accroissement des dépenses sociales et une dégradation de la couverture alimentaire. Il faut ajouter un sous-emploi chronique, une urbanisation anarchique et une large dépendance à l’égard de l’environnement économique et international. Or, mettre en place une politique de développement harmonieux des populations en luttant contre les disparités sociales et régionales.
- Le développement peut aussi être défini à partir des travaux de l’économiste américain W.W. Rostow qui écrit en 1960 Les Etapes de la croissance. Pour cet auteur, l’évolution économique passe obligatoirement par cinq étapes successives. On passe du stade de la société traditionnelle, caractérisée par une économie agricole, à la transition vers le décollage qui débouche sur le décollage accompagné d’un processus d’industrialisation. Puis l’économie, après une étape de transition, parvient à la société de consommation où tous les besoins des populations sont couverts. Dans ce schéma, l’étape principale est celle de l’industrialisation ou décollage. Si les pays développés sont parvenus à l’ultime étape, les pays du Tiers monde en sont, au mieux, au stade du décollage.
II/ LES FACTEURS DE DEVELOPPEMENT
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- Elaborer une politique de développement relève fondamentalement d’un choix politique, voire idéologique. Les dirigeants du Tiers monde ont été amenés à se démarquer de l’héritage colonial et de la domination des pays industrialisés. Certains Etats ont adopté une politique de développement, évoluant dans le cadre de l’idéologie socialiste. On prône alors certains thèmes : la remise en cause des rapports Nord-Sud, le rejet de la division internationale du travail, la volonté de compter sur ses propres forces. D’autres Etats se sont inspirés du modèle de l’économie libérale. Ils sont alors favorable à l’accueil des capitaux étrangers et, par le biais des exportations, ils cherchent à drainer des devises afin de financer leur développement.
- Le facteur humain est essentiel. La plupart de ces pays ont longtemps nié la contrainte démographique : cette attitude est illustrée par la Conférence sur la démographie de Bucarest, en 1974. Toutefois, on note une évolution lors de la Conférence de Mexico, en 1984 : on admet de plus en plus que la démographie peut être un facteur de blocage pour la croissance. On suit ainsi les thèses développées dès les années soixante-soixante-dix par l’Inde, la Chine et les 4 Dragons.

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- Les ressources du milieu naturel conditionnent aussi le développement. Les deux chocs pétroliers ont montré l’intérêt de disposer de richesses énergétiques ou minières. D’autres Etats ont fondé leur développement sur l’exploitation des matières premières agricoles. Enfin, il est des pays qui ne disposent d’aucune richesse naturelle : ce sont les " pays les moins avancés " ou PMA, au nombre de 37 aujourd’hui.
- Quelques Etats ont su tirer parti de leur potentiel intellectuel. La Chine, l’Inde, le Brésil et les Quatre Dragons ont opéré des progrès fulgurants et concurrencent les pays industrialisés dans certains domaines : la sidérurgie, le textile, l’armement, l’aéronautique, voire l’espace.
III/ LES CONSEQUENCES DU DEVELOPPEMENT
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- Le développement permet un accroissement des productions donc une augmentation des richesses nationales. Nombre de pays du Tiers monde ont vu ainsi leur niveau de vie s’élever. En Chine et en Inde, le revenu dépasse les 300 dollars par habitant et par an. Dans les pays-ateliers du Sud-Est asiatique, on atteint 2 500 à 7 000 dollars. A titre de comparaison, la France connaît un niveau de vie de près de 11 000 dollars.

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- Une telle richesse est souvent mal distribuée. La croissance économique a souvent accentué les disparités régionales : les littoraux et la capitale sont favorisés, le reste du pays étant frappé par la paupérisation. Jamais les disparités sociales n’ont été aussi grandes : le développement profite à une minorité de riches et pénalise une masse croissante de pauvres.
Le développement est aussi à mettre en parallèle avec la croissance démographique : une course contre la montre est engagée. La plupart de ces pays connaissent une croissance démographique de 1,5 % à 2 % par an. La croissance doit être au moins égale à ce chiffre sinon il y a détérioration des conditions de vie. Or, depuis 1979, selon un rapport de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance), le revenu moyen par habitant a reculé de 10 % à 25 % dans la majeure partie de l’Afrique noire et dans plusieurs pays d’Amérique latine.
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